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Kraftwerk
- Tour 2004 : de Helsinki à Rennes
69 étapes d'un concert/performance multimédia époustouflant
!
Le
"Tour 2004" vient de se terminer à Rennes, le
4 décembre dernier, en clôture du 26ème festival
des Trans Musicales. La fin d'une excursion mondiale qui constitue
la plus imposante tournée de Kraftwerk depuis le "Computer
World Tour" de 1981. Pas moins de 69 dates à travers
le monde dont 48 en Europe, 8 en Asie et 13 sur le continent américain.
Pour cette dernière date de leur tournée, à
Rennes, le Laptop quartet de Düsseldorf célébrait
une fois de plus, pêle mêle : l'invitation au voyage,
la petite reine, le progrès technique, la robotisation
de l'individu, l'énergie nucléaire, l'informatisation,
l'imagerie rétro-futuriste et bien entendu tout simplement
la musique (Music Non Stop).
Kraftwerk n'oublie pas cependant de dénoncer les travers
du progrès technologique sur le titre Sellafield/Radioactivity
: "Sellafield 2 will produce 7,5 tons of plutonium every
year 1,5 kilogram of plutonium make the nuclear bomb, Sellafield
2 will release the same amount of radioactivity, Into the environment
as the Tschernobyl every 4,5 years One of these radioactive substances
Krypton 85, will cause death and skin cancer".
Figés
derrière leur laptops, Florian Schneider (imperturbable
et stoïque Man Machine), Ralf Hütter (souriant et enjoué),
Fritz Hilpert et Henning Schmitz (plus dissipés : ils battent
fébrilement du pied) nous ont offert une succession de
compositions revues et corrigées sans cependant trahir
ou dénoter avec les compositions d'origine. Un véritable
exploit après bientôt 35 ans de carrière !
Rappelons tout de même que Kraftwerk a initié, influencé
ou tout simplement participé à l'émergence
de courants musicaux allant du Krautrock à l'électro
en passant par le hip-hop, la techno, la house, la new-wave, la
pop synthétique...
Le
concert débute par une intro kraftwerkienne (et pour cause
!) avec un message vocodorisé à la gloire des hommes
machines. A ce moment, le rideau prend des allures de théâtre
d'ombres chinoises et les silhouettes du Fab Four allemand s'agitent
tout doucement (de gauche à droite, Ralf Hütter, Henning
Schmitz, Fritz Hilpert et Florian Schneider).
Après quelques instants d'attente, le rideau blanc s'ouvre
et le groupe entame, un morceau incontournable et emblématique
: Man Machine, un son robotique et dansant agrémenté
d'une mélodie sublime pour une célébration
du mariage entre lhomme et la machine. Le show visuel débute
par des apparitions de mots de plusieurs mètres de haut,
dans des tonalités de couleurs noire et rouge. Une entrée
en matière qui a le mérite de mettre tout le monde
d'accord : nous assistons à un véritable concert
événement, l'ultime représentation, la 69
ème étape d'un show parfaitement rodé !
Le
deuxième titre Expo 2000, rebaptisé Planet
Of Visions prend la suite avec une présence musicale
toujours aussi forte et avec la même économie
de paroles "Expo deux mille - Homme Nature Technologie
- Le Vingt-et-unième siècle - Planète
de visions" (traduction en français). Les visuels
sont plus complexes : une sorte de plasma vert se déhanche
sur l'écran, entrecoupé par des images en 3D
en relation avec le thème de ce titre : l'exposition
universelle d'Hanovre en l'an 2000.
Ensuite,
l'inévitable passion de Ralf et Florian pour la petite
reine déboule dans le hall 9, avec un titre combinant les
ambiances des titres Tour De France 2003, étapes
1, 2, 3 et Chrono. Plus convaincant(s) sur scène
que sur l'album, le(s) titre(s) passe(nt) assez bien, avec un
écran aux teintes bleu, blanc et rouge. Les visuels du
Tour de France et les images d'archives de l'épreuve ne
doivent certainement pas avoir le même impact à Osaka,
Buenos Aires qu'en France ! Pour en revenir à la musique,
l'enchaînement avec Vitamin, casse un peu le rythme
à peine entamé de la soirée, avec un tempo
plus calme. Rien de tel alors qu'un flash back dans les années
80, et la version modernisée du titre Tour de France de
1983 pour remettre le public en selle. Un moment de grâce
qui rassure l'auditoire, mais nous sommes encore bien loin de
l'arrivée, et de nos surprises : heureusement !
Une
portière qui claque, un bruit de moteur qui traverse
de part en part la salle dans un vrombissement qui n'aura
échappé à personne, il est temps de partir
pour une virée sur l'Autobahn avec les visuels
d'époque. Le voyage est agréable, mais cette
version raccourcie (7 à 8 minutes) n'a pas la même
force que sur les albums d'antant ou que lors des concerts
"analogiques" de l'Autobahn Tour de 1975 !
Toujours
seul au chant, Ralf Hütter semble prendre beaucoup de plaisir
à se produire devant une salle totalement enthousiaste
et sublimée par le show. Ce dernier entame alors un nouvel
hymne seventies et s'abandonne avec délice dans les bras
des modèles féminins des années 50. Véritable
tube planétaire rétro-futuriste, The Model
figurera dès sa sortie en 1978 à la première
place des charts anglais.
A
ce stade, le concert va prendre un tournant avec le titre Sellafield/Radioactivity,
le groupe s'en donne à coeur joie, ça claque, le
tempo s'emballe et le public aussi. C'est un véritable
coup de massue alliant une musique agressive avec un matraquage
subliminal de mots clefs comme Tchernobyl, Harrisburgh, Sellafield,
Hiroshima, Stop radioactivity et logos et autres visuels...
La
transe électro-hypnotique du Trans Europe Express
pointe à l'horizon et... bingo !!! La rythmique s'installe
progressivement et le corps est irrésistiblement
habité par des ondes qui vous remue comme si vous
aviez soudainement d'étranges démangeaisons
sous l'épiderme : impossible de lutter le virage
est pris et ça fait un bien monstrueux. Le mix Trans
Europe Express/Abzug/Metal on Metal fait chavirer un public
littéralement atomisé. Sur l'écran,
les wagons de marchandise s'entrechoquent de manière
répétitive dans un fracas colossal : le pouvoir
du funk industriel de Metal on Metal fait encore des ravages,
malgré ses presque trente ans d'âge !
Le
rideau se ferme pour la première fois. Après une
ovation d'un public encore sous le choc, nos accolytes réapparaissent
parés d'une cravate munie de plusieurs diodes clignotantes
rouges. Le show conceptuel peut se poursuivre !
"Eins
zwei drei vier fünf sechs, One two, Uno due tre quattro"
: Numbers/Computer World prend la suite comme par enchantement,
une immersion dans l'ambiance du Computer World tour de 1981,
histoire de prendre sa revanche sur le temps ! Ce voyage en trois
mouvements au début des années 80 se poursuit avec
It's more Fun to Compute/Homecomputer et enfin Pocket
Calculator ou plutôt Mini Calculateur, puisque Ralf
nous gratifie d'une version française qui met encore plus
en avant l'économie de parole des compositions.
"Je suis l'opérateur du mini calculateur - Je fais
les comptes - Et les décomptes - Je compose - Et décompose
- En touchant ce bouton-ci - Il joue une petite mélodie"
Nouvel
entracte ou plutôt fin provisoire du concert, les quatre
B-Boys sortent de scène, le rideau tombe et le public exulte.
Mais comme depuis de très longues années Kraftwerk
termine ses concerts par l'incontournable Music Non Stop, il semble
évident qu'un retour en scène est imminent !
"Ja tvoi sluga, ja tvoi rabotnik" Le retour est pour
le moins... robotique, quatre automates à l'effigie des
membres du groupe apparaissent derrière les pupitres après
le lever de rideau. Le titre The Robots innonde le hall
9, et le public a les yeux rivés sur ces avatars robotiques
qui semblent éxécuter au ralenti quelques mouvements
de Taï Chi Chuan ! Les Hommes Machines et maintenant les
Robots, nous semblons entrevoir la quadrature du cercle !
"Nous rechargeons nos batteries - Et maintenant, nous sommes
plein d'energie - Nous sommes les robots (...) - Nous fonctionnons
automatiquement - Et nous dansons mécaniquement - Nous
sommes les robots (...) - Je suis votre esclave - Je suis votre
ouvrier - Nous sommes juste programmé - Pour faire ce que
vous voulez" (traduction en français)
Le
rideau tombe pour la troisième fois sur les robots. Les
Menschen Maschine reviennent sur scène vêtus de leur
combinaison zébrée/cyclo/fluo/3D pour l'éxécution
d'Aerodynamik. L'avant dernière épreuve est
un contre la montre par équipe où l'homme devient
machine, à la recherche de
la performance absolue. Les visuels vont de paire avec la musique
(comme toujours) et quatre cyclo parfaitement identiques traversent
l'écran, de gauche à droite et de droite à
gauche, sur un quadrillage vert fluo qui reprend le visuel de
la combinaison.
Après
quelques bombardements de Boing, de Boom et encore de Tschak,
le concert se termine dans la foulée par le terrible funk
de Boing Boom Tschak/Music Non Stop. Cette fois-ci, c'est
certain, c'est la fin d'un véritable show d'art visuel
où la musique ne s'arrête jamais et nous interroge
une fois de plus sur lattitude mécanique et robotique
de notre civilisation. A la toute fin d'un Music Non Stop époustouflant,
les membres de Kraftwerk se lancent successivement dans une improvisation
solo endiablée avant de quitter un par un la scène
et Hütter d'annoncer dans un français presque parfait
la "fin du tour mondial 2004 à Rennes" !
La légende des pionniers de l'électronique s'évanouit
alors en coulisse.
Music... Non Stop... Music... Non Stop... Music... Non Stop...
Music... Non Stop...
Concert
aux Trans Musicales de Rennes
samedi 04 décembre 2004
Parc des Expo de Rennes Aéroport - Hall 9
23h30 > 01h15 - 6 à 7000 personnes
01.
Intro
02. The Man Machine
03. Expo 2000/Planet Of Visions
04. Tour de France (étapes 1,2,3 et Chrono)
05. Vitamin
06. Tour de France (version 1983)
07. Autobahn
08. The Model
09. Sellafield/Radioactivity (robovox intro)
10. Trans Europe Express/Abzug/Metal on Metal
11. Numbers/Computer World
12. It's more Fun to Compute/Homecomputer
13. Pocket Calculator/Mini Calculateur
14. The Robots (robots sur scène)
15. Aerodynamik
16. Boing Boom Tschak/Music Non Stop
Tour
2004
06.02.2004 Helsinki, Old Ice Hall
08.02.2004 Stockholm, Cirkus
09.02.2004 Stockholm, Cirkus
10.02.2003 Stockholm, Cirkus
12.02.2004 Oslo, Rockefeller
13.02.2004 Oslo, Rockefeller
14.02.2004 Copenhague, KB Hall
15.02.2004 Copenhague, KB Hall
24.02.2004 Osaka, Namba Hatch
25.02.2004 Osaka, Namba Hatch
26.02.2004 Nagoya, Kinro Kaikan
28.02.2004 Tokyo, Zepp
29.02.2004 Tokyo, Zepp
02.03.2004 Tokyo, Shibuya Ax
03.03.2004 Tokyo, Shibuya Ax
04.03.2004 Tokyo, Shibuya Ax
15.03.2004 Dublin, Olympia
16.03.2004 Glasgow, Academy
17.03.2004 Manchester, Apollo
18.03.2004 Londres, Royal Festival Hall
20.03.2004 Londres, Brixton
22.03.2004 Paris, Grand Rex
23.03.2004 Bruxelles, Ancienne Belgique
25.03.2004 Berlin,Tempodrom
27.03.2004 Cologne,Palladium
28.03.2004 Hambourg, CCH 3
29.03.2004 Amsterdam, Pepsi Stage
31.03.2004 Barcelone, Razzmatazz 1
01.04.2004 Madrid, La Riviera
02.04.2004 Lisbonne, Coliseum
05.04.2004 Münich, Muffathalle
06.04.2004 Münich, Muffathalle
07.04.2004 Frankfort, Jahrhunderthalle
08.04.2004 Dresdes, Alter Schlachthof
23.04.2004 Toronto, Ontario - Ricoh Coliseum
24.04.2004 Montreal, Quebec - Metropolis
26.04.2004 Seattle, WA - Paramount
28.04.2004 San Francisco, CA - Warfield
29.04.2004 San Francisco, CA - Warfield
01.05.2004 Indio, CA - Coachella Festival
05.05.2004 Kaplakrika, Hafnarfjorur
15.05.2004 Vienne, Gasometer
17.05.2004 Rome, Gran Teatro
18.05.2004 Turin, Lingotto, Auditorium Gianni Agnelli
19.05.2004 Berne, Reithalle,
20.05.2004 Berne, Reithalle
22.05.2004 Prague, Palác Lucerna
24.05.2004 Ljubljana, Krizanke Monastery
25.05.2004 Budapest, Budapest Sportárena
27.05.2004 Varsovie, Sala Kongresowa
29.05.2004 Riga, Skonto Hall
30.05.2004 Tallinn, Exhibition Hall
01.06.2004 St Petersbourg, D. S. Yubilenny
03.06.2004 Moscou, Luzhniki Sports Palace
06.08.2004 Beni, Benicàssim International Festival
08.08.2004 Zambujeira do Mar, Festival Optimus Sudoeste
05.11.2004 São Paulo, TIM Festival, Jockey Club
06.11.2004 Rio de Janeiro, TIM Festival
08.11.2004 Brasilia, Teatro Villa Lobos/Teatro Nacional
10.11.2004 Santiago, Estadio Nacional
12.11.2004 Buenos Aires, Obras Sanitarias Stadium
16.11.2004 Mexico, La Carpa
19.11.2004 Miami, Jackie Gleason Theater, , USA
04.12.2004 Rennes, 26 ème festival des Transmusicales
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